INTERVIEW – Sonia, représentante


1 – Bonjour Sonia ! Merci à toi de témoigner sur ton métier de représentante.
Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Bonjour, après un DEUG de lettre, j’ai choisi de compléter mes études par un IUT commerce.
Embauchée chez Flammarion en tant qu’assistante de direction commerciale, j’y ai travaillé 3 ans. Au même poste, j’ai passé 5 ans dans l’équipe Gallimard jeunesse (les 2 sociétés n’avaient pas encore fusionné), puis 5 ans comme représentante sur Paris et région Parisienne. Aujourd’hui je suis toujours représentante mais pour l’équipe Flammarion BD et jeunesse sur le secteur de la Bretagne. Aujourd’hui j’ai 43 ans et 2 garçons (10 et 6 ans).


2 – Comment es-tu devenue représentante ? Avais-tu une idée précise de ce que c’était avant de commencer ?

Mon évolution au sein de l’équipe Gallimard jeunesse s’est faite grâce à une opportunité en interne sous forme d’une période d’essai de 9 mois. Cela me convenait parfaitement car je pouvais découvrir ce nouveau métier de représentante sans pour autant perdre mon poste d’assistante si toutefois ce dernier ne me plaisait pas. Je ne connaissais pas ce métier et ce n’est pas évident de passer d’un travail de bureau avec des collègues à un travail solitaire sur le terrain. Par contre, je connaissais parfaitement le catalogue, les logiciels ainsi que l’organisation interne de la société.

 
3 – Peux-tu nous expliquer plus précisément en quoi concerne ton métier ? À quoi ressemble une semaine type de repré ?

 Mon travail consiste à présenter les titres que les éditeurs ont choisi d’éditer. Souvent nous avons 2/3 ou 4 mois d’avance. C’est parfois compliqué de parler des nouveautés de fin d’année et donc des quantités de Noël au mois de Juillet ! Une semaine type est assez aléatoire. Nous avons une moyenne de 3 rendez-vous par jour sans oublier le travail administratif en rentrant : vérification des commandes, réponses aux mails libraires et de la direction. En fonction des secteurs, on a plus ou moins de route et/ou des bouchons quotidiens. Pour ma part, j’ai une moyenne de 1000kms par semaine.


4 – Ça fait beaucoup de route ! Comment ça se passe avec ton véhicule ? C’est le tien ou celui de l’entreprise ?

 Oui beaucoup de route, ma voiture est ma seconde maison. Encore plus depuis l’arrivée du COVID, je mange régulièrement à l’intérieur. C’est une voiture de fonction qui appartient à la société et sur laquelle nous payons des frais déduits de notre paye. Cela dépend des sociétés, c’est parfois des véhicules personnels sur lesquels la société rembourse au salarié des indemnités kilométriques.


5 – En général, comment sont réparties les zones géographiques ? Vous êtes combien en moyenne à travailler pour la même société de diffusion ?

Dans ce cas là également les généralités ne sont pas identiques en fonction des sociétés. Chez Flammarion et Gallimard, nous sommes en moyenne 10 représentants par équipe et il y a 3 équipes de 1er niveau (moyennes et grosses librairies), 1 équipe 2nd niveau (petites librairies),  1 équipe Hypermarchés et 1 équipe export. Les secteurs sont d’environ 9 à 10 départements. Dans d’autres sociétés, les représentants n’ont que 2 ou 3 départements mais travaillent tous les niveaux de librairies.


6 – Selon toi, quelles sont les qualités nécessaires pour cette profession ?

 Il faut être très organisé, aimé être seul et être sur la route souvent. Il faut aussi beaucoup d’énergie puisque pour 3 rendez-vous par jour on doit toujours avoir la même envie du début à la fin de journée.


7 – Tu as un sacré catalogue à présenter aux libraires, comment fais-tu pour bien parler de tous les titres ?

En amont, nous avons des réunions commerciales, elles ont lieu tous les 2 mois en moyenne (il y en a 5 par an). Elles durent 4 jours pendant lesquels les éditeurs nous présentent chaque titre en détail. Pour un éditeur, chaque titre est très important puisqu’il décide de l’éditer et c’est parfois compliqué de leur expliquer que pour une nouveauté (ex : Je suis en CP), il n’est pas obligé de nous raconter le résumé car en rendez-vous ce qui compte c’est l’historique de vente du titre précédent. Pour les titres les plus importants, les éditeurs invitent parfois les auteurs ou autrices à nous présenter elleux-mêmes leur livre et c’est impressionnant pour eux comme pour nous, mais toujours très intéressant. En rendez-vous, on ne peut pas parler de la même façon de tous les titres (pour nous et pour les libraires). Nous avons en moyenne 200-250 titres à présenter pour 2 mois en BD et en jeunesse. Le temps nous manquerait et l’attention ne serait pas la même pour tout le programme. Le plus important est de trouver le rythme du programme, de cibler ses coups de cœur, les titres qui peuvent plaire au libraire à qui l’on présente le programme sans oublier les enjeux de l’éditeur (qui ne sont parfois pas des coups de cœur). Pour bien connaitre mes titres, je lis énormément. Les journées libraires sur Paris sont intéressantes même si cela prend du temps pour les libraires qui ne voient qu’un seul programme à la fois, ou une fin d’année mais pour qu’une seule maison d’édition. C’est tout de même l’occasion de rencontrer des auteur.ice.s, des éditeur.ice.s, des attaché.e.s de presse et d’autres libraires que l’on ne connaît pas.


8 – Tu travailles pour une société de diffusion, ce qui est différent de la distribution. Peux-tu nous expliquer la différence entre les deux ?

La diffusion est la partie commerciale de l’édition, la distribution la partie préparation de colis et le transport en librairie suite à une commande.

8,5 – Et qui vous donne vos objectifs de vente ? L’éditeur ?

 Nos objectifs de vente nous sont donnés par notre directrice des ventes qui sont validés en amont par le directeur commercial. Ils sont étudiés et validés annuellement en fonction du programme donné par les éditeurs.

9 – Quelle est la relation entre les représentant.e.s et les libraires ?

Normalement très bonne 🙂 Si le libraire choisit ce qu’il veut mettre en avant en fonction de ses goûts, de ses envies, de la place dont il dispose… c’est aussi un échange permanent et c’est le plus important dans ce travail pour moi.


10 – Pour conclure, qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce métier ?

La relation avec le libraire, la découverte en avant-première des titres incroyables (il y a le prochain Rochette qui sort et quand je le présente j’ai toujours des frissons ). Mais la route et la fatigue qu’elle génère sont compliquée. Elle prend beaucoup de temps et c’est du temps de perdu puisqu’en conduisant on ne peut pas avancer sur son travail. Voilà tu sais tout ou presque ! J’aurai mis du temps mais ce sont des questions parfois assez vastes et c’est un métier où les généralités sont souvent exclues !

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Publié par LaNeuviemeLecture

Passionnée de BD depuis l'enfance, libraire de vocation, il était pour moi évident de transmettre mon amour du neuvième art. C'est aujourd'hui chose faite avec la création de ce site !

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