INTERVIEW – Cendre & Hazel, par Thom Pico

1 – Bonjour Thom Pico !
Peux-tu te présenter rapidement s’il te plaît ?

Je m’appelle Thom Pico, je suis scénariste de BD, et j’ai un chat. J’ai fait des études de droit, puis de théâtre. J’ai été rapidement comédien, encore plus rapidement metteur en scène, cuistot dans un fast food et vendeur en boulangerie, et  finalement grâce à Karensac je me suis retrouvé à écrire des histoires, ce qui est globalement très bien. En tout cas, j’en suis content.

2 – D’où t’es venue l’idée pour Cendre et Hazel ? 

En fait, à l’instar d’Aubépine, c’est Karensac qui est à l’origine du projet. Le tout premier dessin de Cendre et Hazel était un #DrawThisInYourStyle qu’elle a publié sur Instagram. Nos héroïnes n’étaient alors pas nommées, et encore moins sœurs. C’est un peu plus tard qu’une éditrice de Milan Presse lui a demandé si elle était d’attaque pour en faire une petit one-shot pour le magazine Manon. Karensac s’est alors tournée vers moi et on a fait une grosse séance de brainstorming pour trouver une histoire autour de ces personnages. Hazel a failli être la cadette de Cendre et non son aînée par exemple ! Quand plus tard on nous a demandé de continuer l’histoire pour en faire une série on a revu certains éléments.

Crédits image : Karensac – Thom Pico – Manon magazine

3 – Quelle est l’origine du délire avec les chèvres ? On veut tout savoir ! (mêêêê)

Les chèvres, c’est super. Elles sont à la fois mignonnes et extrêmement versatiles, on peut en faire ce qu’on veut. Dans les deux premiers tomes de Cendre & Hazel par exemple, Hazel n’est pas consciente de ce qu’elle fait, et est du coup un ressort comique bien pratique. On va ensuite chambouler un peu tout ça. Karensac a tendance à dessiner des chèvres partout, on pourrait faire une rétrospective de son œuvre uniquement à travers ses dessins de chèvres.

4 – Comment travaillez-vous ensemble, Karensac et toi ? Tu n’agis que sur le scénario et elle que sur le dessin ? Ou c’est bien plus subtil que ça ?

En gros, on se fait des séances de travail où on détermine, à égalité, où est-ce que l’on veut amener l’histoire. On procède par envies aussi. Karensac va me soumettre des idées ou des personnages à inclure, et moi je me débrouille pour tisser des scénarios autour. Je préfère rester assez flou sur l’action dans mes scénarios, ce qui permet en général à Karensac d’avoir une grosse marge de manœuvre dans les dessins. De mon coté, à moins qu’un dessin ou une action des personnages ne vienne contredire un élément essentiel du scénario, je ne demande pas de changements visuels, même si le résultat final ne correspond pas exactement à ce que j’imaginais à la base. Le plus souvent, je suis agréablement surpris par les modifications de Karensac quand je reçois les planches.
De temps en temps elle me demande de réécrire une page parce que soit disant « il y a tellement de texte que ça prend la place des dessins » mais je pense que c’est de la mauvaise foi.

5 – Cendre & Hazel paraît chaque mois dans le magazine Manon. Est-ce que ce rythme de publication change ta manière de travailler ?

Auparavant, je laissais le découpage à Karensac, parce que c’est une des parties qu’elle préfère, mais pour Cendre et Hazel le format court des histoires m’oblige à me projeter visuellement pour tout faire tenir en 9 pages. J’ai énormément appris depuis qu’on a commencé cette série. Aussi, comme je prends mon temps pour écrire, je suis systématiquement à la bourre.

6 – Quelle est ta partie préférée dans le processus de création ?

Chaque histoire est un problème de logique. Comment faire pour que ce soit drôle, fun, avec de l’aventure et de nouveaux personnages, le tout en 9 pages ? C’est compliqué. Il faut équilibrer le récit, faire en sorte qu’il n’y ai pas de ventre mou, ou trop d’exposition, bref c’est la  galère. Alors je laisse tout mijoter pendant que je passe à autre chose. Mon moment préféré, c’est celui où je vais avoir une idée, celle qui va débloquer tout le reste. Ça peut être un personnage, une péripétie où même un lieu. En général, ça débloque tout d’un coup et l’histoire s’écrit presque toute seule. C’est un petit moment de grâce, où pendant quelques instant on laisse de coté ses doutes pour se laisser emporter. C’est franchement super.

7 – Un petit scoop ? Quels autres mystères attendent nos héroïnes ?

Cendre va découvrir des choses sur sa mère, et sur son propre passé. Hazel va être plus active, et surtout nettement moins docile. Elles vont se faire de nouveaux amis, et aussi PLEIN de nouveaux ennemis. Et j’espère que nos lecteurs et lectrices aiment les chauves-souris.

8 – Aucun rapport avec Cendre & Hazel, mais qu’en est-il d’Aubépine ? Tu peux nous donner de ses nouvelles ? 🙂

J’ai écrit le tome 5, reste à voir s’il est validé et si Karensac aura un jour le temps de le dessiner (on n’a pas idée d’avoir autant de projets !).
Aubépine va bouger de sa vallée, mais peut-être pas là où on l’attend. Et elle se traîne maintenant une sale réputation dans la communauté des créatures magiques (en même temps, on n’a pas idée de détruire l’univers DEUX FOIS).
Il y aura des gros monstres et des gros robots : Si ça, ça donne pas envie, je rends mon tablier.

Merci à toi Thom Pico d’avoir répondu, c’était super instructif !
Bonne continuation à toi dans tes projets, hâte de lire la suite !

Pour suivre Thom Pico pour être au courant de ses nouveautés, c’est par ici : https://www.instagram.com/thompico/

Publié par LaNeuviemeLecture

Passionnée de BD depuis l'enfance, libraire de vocation, il était pour moi évident de transmettre mon amour du neuvième art. C'est aujourd'hui chose faite avec la création de ce site !

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